Dans le vent d’une réforme constitutionnelle

Une Constitution se doit d’être une protection de ses citoyens. Elle devrait les protéger contre les abus de pouvoir de leurs représentants. Or telle que rédigée, notre présente constitution ne nous facilite aucune action contre eux.  Nos représentants font exactement tout ce qu’ils veulent et nous ne pouvons rien contre eux, sauf ne pas les réélire aux prochaines élections. On remplacera la crapule A avec de fortes chances d’élire la crapule B. Et la danse recommencera.

Tout system représentatif se fonde sur les élections certes, mais si en élisant un représentant le citoyen autorise celui ci a voter les lois a sa place, il ne devrait pas pour autant en perdre le contrôle.  Cet élu ne devrait pas se considéré un être supérieur,  un surhomme, un intouchable. 

C’est un fait, quand le nombre rend impossible les les discussions et les décisions, qu’on ait besoin de représentants. Mais on sait aussi que c’est par là qu’on va être trahi. Alors que faire pour s’en protéger?

Laquelle de ces méthodes vous paraît plus applicable en Haiti:

1- Le referendum révocatoire

2- Des mandats plus courts

3- Des poursuites judiciaires rendus plus faciles contre les élus.

Quels sont donc vos principes?

Ces opposants à tout renversement du gouvernement—ADIH, CCIHC, CCI — dans le but, disent ils, de sauvegarder la démocratie, n’étaient ils pas en première ligne avec les 184 pour le renvoi d’Aristide avant terme ? 

Serait-ce qu’alors vos intérêts étaient menacés et qu’aujourd’hui vous les sentez à nouveau menacés par un éventuel retour des lavalassiens et consorts?  C’est vous qui leur avez laissé tout l’espace politique. Ce n’est donc pas sur les principes que reposent vos actions, mais sur vos intérêts à courtes vues. 

Selon ces mêmes principes de démocratie qui reposent sur des élections, sur l’alternance et sur les contre pouvoirs, ou étiez vous donc, core groupe inclus, quand en 5 ans Martelly refusa de faire des élections législatives ou locales et causa la fermeture du parlement devenu totalement dysfonctionnel? 

C’est qu’encore une fois, Martelly protégeait vos intérêts et le parlement gênait aux encoignures. La seule intervention de l’ambassadrice américaine d’alors était de prier dieu que Martelly ne se mit pas à diriger par décret. Ce qu’il fit. 

Quels sont donc vos principes? 

En fait, selon vous, core groupe inclus, la seule autorité, le seul mandat qui vaille est celui du président. Or même celui de Martelly, quand la situation devint intenable, vous avez accepté qu’il soit écourté. Mais aujourd’hui, pas question de considérer  cette même disposition constitutionnelle à Jovenel—la démission avant fin de mandat.

Voilà pourquoi vous êtes si décriés. Vous n’appliquez et ne respectez que les soit disant principes qui vous protègent. Avec votre vision « myopiste » de la réalité vous risquez de payer beaucoup plus cher. 

Le DGPNH est il a la hauteur de sa tache?

Dans toute institution il existe une hiérarchie. Et la responsabilité de toute action, bonne ou mauvaise, s’arrête avec le chef. Il en est de même dans notre corps de police. Les connaissances militaires ou policières ne s’improvisent pas. On les obtient par la formation académique et par l’expérience. Cette autorité ne peut donc être donnée à n’importe qui. 

L’autorité du commandant doit être absolue. Les ordres se donnent et ne se négocient pas. Les ordres suivent une hiérarchie bien établie et doivent être respectées par tout subalterne.  Il ne peut y avoir ordre du commandant et contre ordre par une quelconque autre autorité sans conséquence grave, très grave pour l’institution et la société. 

Est-ce pourquoi la constitution interdit formellement que le chef de l’Etat ne commande ces forces en personne. La responsabilité du commandement est investie en la personne du commandant de police dont le choix a été fait par le président et ratifié par le Sénat. Pour mettre ce dernier à l’abri de pressions politiques, il jouit d’un mandat de 3 ans durant lequel il ne peut être révoqué, sauf faute grave ou abus de pouvoir par le Chef de l’Etat.

Mais cela ne le met pas à l’abri de la corruption. Quand les avantages financiers, économiques, sociaux, politiques attachés à la fonction deviennent si importants, le commandant peut ne pas pouvoir résister. Il succombe. Il ne constitue alors plus un contre pouvoir important à la démocratie mais peut au contraire devenir complice d’actes inconstitutionnels.  

De toute évidence, cela fait longtemps que DG Gédéon a perdu le contrôle effectif du commandement de la Police Nationale. Tous les récents incidents l’indiquent clairement. Pour moi, ceci est devenu évident à partir de Thiotte où des policiers ont préféré s’enfuir en jetant leurs armes et en laissant bruler leurs 2 véhicules devant une foule qui protestait leur présence. Le comble de l’absurde, ils ont été félicités par le haut commandement et non réprimandés et sanctionnés comme cela se devrait. N’avais-je pas prédit que cela ferait tache d’huile. Depuis, combien de ces situations se sont répétées? 

Quelle est la cause de cette perte d’autorité? Provient il du recrutement? Qui sont ces hommes et femmes que nous recrutons? Que sait-on d’eux?  Sont-ils de simples individus cherchant du travail? Ont ils ce désire fervent de servir? Aspirent ils à voir l’ordre, la discipline et le respect de l’autorité rétablis en Haiti? 

Provient il de l’entrainement. Cet entrainement se limite–t-il au maniement des armes et à la condition physique de nos policiers? La morale, l’éthique l’obéissance l’esprit de corps, l’entre aide leur sont ils enseignés. Se sert–on de cette période d’entrainement pour épurer les mauvais éléments? Le nombre toujours croissant et les équipements toujours plus sophistiqués ne suffisent pas. L’élément humain demeure le plus important de l’équation. 

Il faut ajouter que la fonction et la formation des policiers ne répondent pas au standard de la réalité sociopolitique et culturelle des haïtiens. La formation des policiers est basé à 80 pour 100 sur une police de proximité, dont le rôle n’est pas de faire de la répression, mais de rappeler et d’expliquer la règle,  en lieu et place d’une police antiémeute dont le rôle est de contenir la violence des foules lors  de  manifestations, révoltes ou d’émeutes. Il faut aussi une Police de renseignement et d’investigation criminelle.

Provient il d’une faiblesse de caractère du commandant lui même. Est-il soucieux d’un éventuel renouvellement de mandat? Il ne devrait pas. Il devrait se contenter de faire son travail. Seuls les résultats assureront son renouvellement ou pas. Ne sachant rien du personnage je ne saurais me prononcer sur ces qualités. Qu’elles qu’en soient la ou les causes, le résultat est catastrophique. L’ordre, la paix et la sécurité des vies et des biens ne s’améliorent pas, tout au contraire. Le manque de fermeté devant la présence de mercenaires à son insu au sein des forces qu’il devrait commander, le refus de discipliner ses hommes, le manque de support aux policiers en difficulté, le manque de lucidité dans son jugement de vouloir ajouter aux responsabilités de la police la protection des frontières quand il n’a pas les moyens de sécurisés les principales villes et commissariats. 

Je reviens avec la nécessitée d’une Armée et du service militaire et civique obligatoire. Cet embryon d’Armée aurait pour principale mission de former nos jeunes, de leur inculquer le sens du devoir, du service public, de la discipline, du respect de la vie humaine, de l’autorité, du savoir vivre ensemble, et d’être en réserve pour tout cas d’urgence. 

L’Elu est tout autre que le candidat

Macron : « Si vous ne voulez pas de moi, pourquoi avez-vous tous voté pour moi ? »

Nous ne savons pas encore quelle sera la suite en France, mais aucun ambassadeur ou représentant d’organisation ne se sont permis de dire au français : le mandat du président ne peut être raccourci. 

L’homme au pouvoir peut, même dans les meilleurs cas, se révéler être totalement diffèrent du candidat en campagne. 

Que doivent faire les électeurs qui ont été trompés? 
N’est-ce pas exonérer le coupable et punir les innocents que de le maintenir?

La France et Haïti se trouvent dans cette situation. Voyez les statistiques. Si les français peuvent remettre en cause un élu qui avait 43.59% de légitimité, comment contester le droit des haïtiens de contester un élu n’ayant eu que 10.06% de légitimité.

Statistiques :

France électorat en 2017 : 47, 582,183

Votants au 2ème tour : 35,467,327

Pourcentage de participation : 74.56%

Macron : 2ndtour : 20,743,128

Pourcentage des votes : 66.10%

Pourcentage de légitimité : 43.59%

Dernier sondage de popularité de Macron décembre 2018 : 23%

Haïti Electorat en 2015 : 5,871,450

Votants :1,062,839

Pourtage de participation : 18.10%

Jovenel : 590,927

Pourcentage des votes : 55.60%

Pourcentage de légitimité : 10.06%

LE DROIT DE RÉVOCATION

EXTRAIT DE CONTREPOINTS

LE DROIT DE RÉVOCATION OU LA REVANCHE CONTRE L’IRRESPONSABILITÉ DU PRÉSIDENT

À regarder de plus près les revendications constitutionnelles brandies par les Gilets jaunes, ces dernières ont paradoxalement moins pour objectif de modifier en profondeur notre Constitution que de renouer avec l’esprit qui la guidait originellement. Lors de l’élaboration de la VeRépublique, le mot d’ordre suivi par le Général de Gaulle était simple : pas de pouvoir sans responsabilité, pas de responsabilité sans pouvoir. Si le président de la République est la clef de voûte des institutions, c’est en raison d’une légitimité démocratique propre, qu’il tire depuis 1962 de son élection au suffrage universel direct, et parce qu’il est responsable politiquement devant le peuple. Par conséquent, si sa légitimité devait être écornée en cours de mandat, le Président n’a d’autre solution que la démission. C’est exactement la raison pour laquelle De Gaulle a immédiatement cessé d’exercer ses fonctions en 1969, conséquence de son désaveu lors du référendum sur la réforme du Sénat qu’il avait choisi de soumettre à l’approbation du peuple. 

Or, qu’observe-t-on sans relâche depuis une quarantaine d’années ? Une succession de présidents de la République qui, malgré les débâcles électorales subies durant leurs mandats, en ont occulté les conséquences politiques. La réforme du quinquennat n’a rien arrangé, supprimant les élections législatives de mi-mandat qui permettaient au peuple de renouveler ou non sa confiance à la majorité présidentielle.

À l’aune de cet état de fait, il n’est nullement étonnant de voir apparaître, dans l’arsenal brandi par les Gilets jaunes, un droit de révocation à l’encontre du président de la République. Une telle exigence n’aurait probablement jamais émergé si les anciens Présidents avaient respecté la pratique gaullienne, en tirant les conséquences de leurs revers électoraux plutôt qu’en s’accrochant coûte que coûte à leur mandat comme à une bouée de sauvetage. Le droit de révocation n’est aujourd’hui que le rejeton non désiré d’une fonction présidentielle qui s’est progressivement déliée de sa responsabilité politique.