Elections et démocratie

De 1987 à nos jours toutes nos transitions n’ont eu pour objectif qu’une chose : des élections le plus vite que possible, selon la formule que démocratie égale élection et vice versa. 

Ce fut le cas après chacun de ces responsables de transition :

Ertha P. Trouillot, Joseph Nerette, Marc Bazin, Emile Jonassaint, Bonniface Alexandre et Jocelerme Privert. Jamais nous ne sommes donnés le temps nécessaire pour faire les lois d’accompagnement devant consolider les acquis de la nouvelle Constitution. 

Chaque fois nous avons pensé qu’il revenait à un homme (je dis bien un homme) de nous remettre sur la voie du développement et de la démocratie. Les résultats sont là. 

Chaque fois nous avons du recommencer en pleine instabilité avec des élections souvent contestées et des programmes ne répondant pas aux vraies aspirations populaires. 

Nous ne pouvons pas après chaque élection recommencer à zéro. Haiti ne doit plus être le terrain d’expérimentation d’apprentis leaders.  Nous devons parvenir a créer ensemble un programme de développement économique sur le long terme. Nous devons nous entendre sur des règles du jeu démocratique que veut soutenir la majorité populaire par référendum.  Aucun homme ne peut prétendre être un fini konen et vouloir imposer ses vues. Nous devons impliquer la grande majorité dans nos décisions. Seule une conférence nationale souveraine peut soumettre ses résolutions au peuple pour être approuvées par voie référendaire.   

Redonnons place à la compétence. 

Jcr 02/03/19

Si démocratie égale élections…

Si démocratie égale élections et élection égale démocratie, de plus si le respect des mandats égale démocratie, alors pourquoi le Venezuela n’est-il pas considéré un état démocratique?

Ah! Vous me direz, les élections n’étaient pas honnêtes. Qui décide? 

Et pourtant vous voulez nous faire avaler que les élections en Haïti n’ayant rassemblé que 18% de l’électorat et donné 11% de légitimité à l’élu constituent des preuves que nous sommes en démocratie. 

Ah! Oui, j’oubliais, tant que cet élu vous est favorable ou que vous l’ayez mis au pouvoir. 

Matières à réflexion

Etienne Chouard (:https://fr.wikipedia.org/wiki/Étienne_Chouard)

En élisant, un électeur abandonne toute la souveraineté à un élu. A quelqu’un qui se croit un être supérieur, un sur homme. Quelqu’un qui va tout décider à sa place.  Ce faisant, nous acceptons d’être des incapables politiques. En mettant le bulletin dans l’urne, nous redevenons des enfants politiques; nous désignons quelqu’un pour tout décider à notre place.

C’est une erreur profonde de dire que «La démocratie c’est l’élection, l’élection c’est la démocratie. L’élection est anti démocratique. Election ce n’est pas le vote. Il ne faut pas confondre élire et voter. Elire, c’est renoncé à voter. Quand j’élis un candidat, je dis c’est toi qui va voter toutes les lois à ma place. Donc je ne voterai pas. Quand j’élis, je renonce à voter. »

« Une Constitution devrait être une protection. On devrait être protégé contre nos représentants, contre les abus de pouvoir de nos représentants. Or la constitution est une prison ce texte nous interdit de faire quoi que se soit contre nos représentants. Nos représentants font exactement tout ce qu’ils veulent et nous ne pouvons rien. La seule chose que nous pourrions faire c’est de ne pas les réélire. » 

« Mais en fait, quand vous direz, je ne vais pas réélire la crapule A vous allez a voir comme choix la crapule B et quand la crapule B vous aura insupporté après un nouveau mandat vous n’aurez comme choix qu’a revenir à la crapule A. En fait, se sont des faux choix qui sont dans l’élection. » 

« Voilà 200 ans que les élus ont pris le contrôle du processus constituant et ne veulent pas le lâcher. Et nous les laissons faire. Comme nous ne sommes pas entrainés à écrire une constitution on a peur de mal écrire on a peur de faire des bêtises donc on accepte d’élire l’assemblée constituante. »

« Les gilets jaunes expriment le ras de bol de la trahison, de l’exaspération des mensonges des politiciens et de cette injustice qui consiste à tout donner aux riches et tout retirer aux pauvres. Ils partent avec un apriori absolument hostile à la représentation.’

« Comment on les contrôle (les élus), comment on peut faire pour surveiller que quand ils négocient ils ne sont pas entrain de nous trahir. Comment on les révoque quand on constate qu’ils sont entrain de nous trahir?

On a besoin de représentants, mais on sait que c’est par la qu’on va être trahi. Comment avoir des représentants moins susceptibles de nous trahir. » 


Haiti doit chercher ailleurs de meilleurs alliés.

Pour nos « amis »et donneurs de leçons, la démocratie se résume essentiellement à une chose : la durée d’un mandat particulier. Celui du Chef de l’Etat. Ils s’en foutent que pendant ses 22 mois au pouvoir ce dernier n’a cessé de violer la constitution. 

Ils maintiennent les haïtiens dans cet état de misère rien que pour éviter d’admettre que cet échec est autant le leur que le notre.

Oseront ils dire que la démocratie n’existe pas en France ou aux Etats Unis si Trump et Macron venaient à démissionner avant la fin de leur mandat?

Haiti doit chercher ailleurs de meilleurs alliés.