Nous ne sommes pas parvenus 32 ans après le référendum constitutionnel de 87 à réaliser les souhaits des constituants et la volonté populaire de favoriser le pouvoir législatif sur l’Exécutif dans le but de réduire la traditionnelle dominance de ce dernier. Les exécutifs qui se sont succédés depuis, en faisant fi des dispositions constitutionnelles et en usant de la corruption comme principale arme, ont retenu tous les pouvoirs dont ont disposé tous nos dictateurs civils ou militaires. Qu’on me cite, DANS LES FAITS, un pouvoir dont ne dispose le Président depuis cette constitution.
Graduellement et principalement à cause de l’incompétence de nos parlementaires, le parlement ne représente plus la volonté générale. Nos parlementaires ont abdiqué. En se faisant complices de cette notion que le président est le seul élu au suffrage universel par l’ensemble des électeurs, ils acceptent qu’il prime au dessus des autres représentants. Ils acceptent de n’être autre que des assistants de ce dernier à l’instar de ce qu’ils étaient sous l’égide de la constitution de 1935.
Cette disposition de la 87 selon laquelle le peuple délègue la souveraineté au trois pouvoirs n’est qu’une fiction. Tous nos exécutifs, jouissant de la complicité de nos parlementaires, ont maintenu la dominance de l’Exécutif sur ceux qui traditionnellement, théoriquement et académiquement représentent la volonté générale. Ne sont-ils pas les seuls capables de faire des lois? Les lois ne sont-elles pas l’expression de la volonté générale?
Toute cette introduction pour en venir à une question rhétorique : A qui revient il, devant cette réalité que nous vivons, de proposer et de faire adopter les amendements constitutionnels? Qu’on ne me parle pas des dispositions constitutionnelles, elles n’ont jamais été respectées quand il fut question d’appliquer des dispositions qui limitent le pouvoir du président. Ce sera une gymnastique purement symbolique et hypocrite que de les faire voter par ces Chambres. La question est : Accepteriez vous que le président décide des amendements? Il y a t-il vraiment une différence de les faire approuver par l’Assemblée Nationale?
Les défenseurs du présidentialisme voudraient remplacer le premier ministre par un vice-président. Ils responsabilisent nos échecs de 32 ans à ce seul « déséquilibre (?) ». Ils accusent la coresponsabilité de l’Exécutif d’en être la principale cause. Vraiment, en quoi donc? Vous me direz qu’il suffise d’avoir un vice-président pour que le népotisme, le favoritisme, les abus de pouvoir pratiqués ouvertement par nos présidents disparaissent. Allons donc! En quoi les premiers ministres, dans les faits, ont-ils jamais gêné les actions de nos présidents? Les rares premiers ministres dont les violons ne s’accordaient pas avec les présidents, n’ont-ils pas préféré démissionner ?
Cette option de remplacer le premier ministre par un vice-président n’a jamais été soumise à la population. Qui sait vraiment qu’elle est l’opinion de la majorité? Nous n’avons aucun service de sondages d’opinion. Ceux-ci n’existent qu’en périodes électorales et valent ce qu’ils valent. Mais, faites vos propres sondages sur les groupes dont vous êtes membres. Vous vous rendrez vite compte que les citoyens ne veulent pas donner cette prérogative à nos actuels détenteurs des pouvoirs.
Cette prérogative doit revenir au peuple après que les propositions d’amendement aient été débattues au grand jour dans une Assemblée Nationale Souveraine.
Tout autre façon de faire ne saura garantir la paix.